Historique de la présence du faucon pèlerin à Nancy
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2004 :
C'est durant l'hiver 2003/2004 qu'un couple de faucon pèlerin, rapidement appelés Charlie et Charlotte, a décidé librement de s'installer dans le clocher de la basilique. La population actuelle de cette espèce est en progression et nombres d'individus tentent de se reproduire en milieu urbain où, à l'instar du milieu rupestre d'où ils sont originaires, ils y trouvent, tranquillité, abondance de nourriture et point de vu très étendu. Rapidement, des vols de pariades puis des accouplements annoncèrent un début de reproduction qui s'est concrétisé par la naissance puis l'envol de deux jeunes femelles.

2005, La Madeleine :
Après la dispersion naturelle des 2 jeunes durant l'été 2004, le couple d'adulte est resté tout l'hiver. Si les débuts semblèrent prometteurs, la présence d'une seconde femelle adulte à semble-t-il quelque peu perturbée le couple déja présent. Ajouter à cela, une météo défavorable et la ponte a été déposée sur la cheminée de l'usine Novacarb à "La Madeleine" soit à 8 km à vol de pèlerin. Un fauconneau prématurément envolé y a été retrouvé mort. Une jeune femelle a été ramassée avec une aile cassée mais réhabilitée dans un centre de soin vosgien elle  a été relâchée. Une seconde jeune femelle a, quant à elle, réussi à prendre son envol sans casse puis s'est naturellement émancipée.

2006, Les "Grands-Moulins":
De nouveau, Charlie et Charlotte entame leur cycle de reproduction et de nouveau, ils abandonnent la basilique. Ils bénéficiaient pourtant d'un nichoir spécialement dédié. Le couple a été retrouvé sur une corniche de la partie désaffectée de la minoterie des "Grands-Moulins Vilgrain" (GM), sur le Bras-Vert de la Meurthe. Hélas, cette ponte de remplacement a échoué, annulant ainsi toute perspective de reproduction pour cette année.

2007, Les caméras :
Le nichoir a été laissé en place et 3 caméras vidéos ont été installées. Belle réussite pour cette année puisque 3 fauconneaux sont nés dans le clocher de la basilique, 2 jeunes mâles et 1 jeune femelle.

2008, 2 couples :
La présence du couple se maintient encore jusqu'au moment des pariades et accouplements. Cette fois, il semble abandonner la basilique pour les GM, même s'il la fréquente très souvent. Un peu curieux tout de même. L'explication viendra fortuitement quand il s'avèrera qu'il y a non pas 1 mais 2 couples sur l'agglomération nancéienne ! Charlie et Charlotte ne se reproduiront pas dans la basilique. Le second couple, celui des GM, mènera 4 jeunes à l'envol. Une jeune femelle disparaitra rapidement. 2 autres jeunes femelles et 1 jeune mâle se disperseront durant l'été.

2009 :
On s'attend à ce que chaque couple se reproduisent sur leur site respectif. Il n'en sera rien, ni pour l'un, ni pour l'autre. Aux GM, la femelle va jusqu'à l'incubation puis abandonne. Sur la basilique, dès le début de l'année, Charlie ou Charlotte n'a jamais été certifié et on peut considérer leur disparition comme certaine dès Février. Curieusement, l'abandon de la ponte des GM, correspond à l'arrivé d'un nouveau couple. De nombreux indices comportementaux, sans jamais aller jusqu'à une absolue certitude, amènent à penser qu'il s'agit du couple des GM qui aurait, en quelque sorte, fini par évincer Charlie et Charlotte de la basilique.

2010, cinq :
Le couple numéro 2 est bien cantonné durant l'hiver, fréquentant tout aussi bien la Cathédrale au centre ville que la basilique et accessoirement les GM. Une ponte peu commune de 5 oeufs pour cette espèce, inaugure cette première reproduction de ce nouveau couple jusqu'à l'éclosion. Les cinq fauconneaux sont abondamment nourrit par leur parent et prennent leur envol sauf  l'un d'entre eux qui sera retrouvé mort dans le clocher. S'il n'est pas commun, une ponte de cinq œufs n'est pas rare non plus. Une ponte standard étant de 4 œufs.

2011, la routine s'installe :
Pas de changement avéré dans la composition de ce couple. Les mêmes postes que l'année dernière régulièrement occupés l'attestent. Durant l'incubation et jusqu'après l'éclosion, des passages d'individus viennent perturber le couple mais sont sans conséquence sur le déroulement de la reproduction. 4 oeufs sont pondus mais seulement 3 poussins éclosent. Nourrissages, sortie du clocheton sud et rapidement envol de 2 mâles puis, 5 jours plus tard, d'1 femelle couronnent cette saison. Cette année, la distinction de sexe d'un des jeunes est particulièrement délicate. Les caméras ont encore joué un rôle important dans ce suivi, limitant ainsi la présence d'observateurs extérieur qui se sont impliqués sur d'autres sites. Un mâle immature, bagué en Pologne et relâché artificiellement lors d'un programme de réintroduction en milieu arboricole, à stationné à Nancy, en février et mars sur un haut d'immeuble. 

2012, soeur jumelle de 2011 :
En décembre, le nichoir est dans l'eau à cause des conduits d'évacuation bouchés. 1er accouplement le 08 janvier. Les Grands Moulins Vilgrain (GM) sont fréquentés de janvier jusqu'à fin février avec entrées et sorties dans le nichoir mais le couple reste présent régulièrement  sur les autres sites (Cathédrale et ND de Lourdes). Une perturbation par une jeune adulte explique peut-être que jusqu'au dernier moment nous envisagerons de suivre cette reproduction sur les GM. La ponte se fera finalement dans le nichoir de ND de Lourdes. 4 oeufs seront pondus. L'un d'eux n'éclora pas et 3 jeunes prendront leur envol; 1 mâle et 2 femelles. Lors de l'orage du 22 mai  la foudre frappera la flèche de la basilique et mettra hors service le système de caméra vidéo.

2013, instable :
En début d'année, le scénario de 2012 semble se renouveler. La femelle sera observée en train de pondre dans le nichoir des Grands Moulins Vilgrain (GM). Finalement le couple déserte les GM pour se rapatrier classiquement sur ND de Lourdes. Sans caméra, nous retournons à la  technique d'observation d'il y a quelques années. L'attente sera longue avant de voir apparaître un juvénile. Il sera seul, 1 mâle. Lors de la visite de contrôle on constatera 3 oeufs non éclos. Comme ces dernières années de nombreux passages d'individus incitent à penser que leur perturbation n'est pas étrangère à cette reproduction chaotique. Une météo particulièrement mauvaise ne peut en expliquer l'origine puisque le nichoir est à l'abri de toute intempérie. On notera cependant que le mâle adulte utilise régulièrement un poste inhabituel et que le début des accouplements à été plus tardif. Ceci suggère qu'un changement dans la composition de ce couple s'est produit... ceci expliquant peut-être cela.

2014, la continuité :
En raison de problèmes liés à la présence de plus en plus nombreuse de pigeons nichant proches des pèlerins, l'accès au clocher  est désormais clos. En conséquence, le nichoir est déplacé le 03 février dans l'entrée du clocheton Sud, ce qui ne dérangera nullement le couple de Faucon pèlerin qui en prend possession. Durant la période d'incubation (tout le mois de mars jusqu'à début avril), du passage d'autres pèlerins est noté sur site mais aussi dans l'agglomération. Le couple défend bruyamment son territoire. 4 oeufs, 4 poussins, 4 envols à partir du 24 mai. Ils sont dans les temps. 2 mâles et 2 femelles. Le 25 mai, une femelle juvénile est récupérée au sol puis remise le lendemain sur son site de naissance. Par manque d'à-propos et d'opportunisme, aucun signe distinctif dégradable dans le temps ne sera apposée. Le 15 et 16 juin, de nouveau, une femelle juvénile 
est récupérée au sol. La même ou l'autre ? D'où l'utilité d'un moyen de reconnaissance. Après un premier relâché, elle sera de nouveau récupérée au sol le lendemain mais décèdera au centre vétérinaire, diagnostiquée d'une parasitose, la trichomonose.

2015, 2 couples, comme en 2008 :
Comme à l'accoutumé maintenant, le couple entame sa saison
. Auparavant, le 10 janvier, une petite équipe de bénévole installe un nichoir, version 3, aménagé en lieu et place du précédent. Il est mieux ajusté à l'espace. De nombreux passages d'intrus sont constatés lors de la période d'incubation. Le 02 mars, 1 individu est présent sur la cathédrale rue St Georges et en même temps que le couple sur la basilique. Le 04 mars un second couple est confirmé sur l'agglomération. Il tentera dans un premier temps une installation sur l'église St Epvre mais après une courte mais dense période de pluie faisant suite à une bien longue période sèche, il se délocalisera sur l'église St Pierre, proche de l'Hopital central et entamera une incubation. Le couple de la basilique échoue dans sa reproduction. 1 oeuf abandonné est trouvé lors de la visite de contrôle dans le nichoir. Le couple de St Pierre échouera aussi. La femelle de la basilique occupe des postes complètement inhabituels et nous en conclueront qu'il s'est probablement produit un changement dans la composition du couple. Passage de nombreux intrus, combat intraspécifique (une femelle a été trouvé bléssée au sol proche de la cathédrale, diagnostiquée puis très rapidement relâchée), changement dans la composition du couple et un second couple induisant une compétition plus rude expliquent en grande partie ce double échec.


recapitulatif


Patrick BEHR (LPO ) 28/02/2015
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